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mercredi 11 mai 2011

Ambientes cotidianos

Ce que je vis en ce moment est assez étrange. En fait non, pas si étrange que ça, apparemment c'est un mal répandu parmi les étudiants expatriés qui, après une année assez exceptionnelle, doivent rentrer d'où ils sont partis. Ce qui est étrange c'est que j'ai tendance à le vivre par anticipation, c'est à dire presque deux mois avant que ne sonne l'heure du retour. J'ai beau me répéter qu'il me reste du temps, ça ne semble pas me convaincre. Au quotidien tout va pour le mieux et je n'y songe pas, mais parfois lorsque je passe de beaux moments ou plus simplement le soir lorsque j'éteins le lumière après être tombé de sommeil sur mon roman (oui même ici je m'endors sur mes livres), je me prends à penser pendant un quart de secondes à ces personnes que je ne verrai plus, à ces lumières propres à Buenos Aires et que j'aime tant, aux odeurs de cette ville vivante (même à l'odeur de friture du restaurant chinois voisin qui me donne la nausée lorsque je pars le matin pour l'université). La liste des choses qui me manqueront, que j' "extrañaré" comme cela se dit dans le dialecte local, est exhaustive, mais le plus douloureux sera de laisser ces belles personnes rencontrées. Pour autant, je passe principalement du bon temps. N'allez pas vous imaginer que je me morfonds sous ma couette en appréhendant le 12 juillet. L'automne est doux, mais il ne dispose pas du cachet de l'automne français aux couleurs chatoyantes et aux sols jonchées de feuilles. Parmi les nouvelles choses qui bercent mon quotidien, nous avons Pueblo, un chaton noir, un model réduit de panthère, qui ronronne dès que l'on tend vers lui la paume de la main, qui aime dormir dans votre cou, et qui vient s'ajouter aux raisons qui me feront regretter Buenos Aires.

Bon, je l'avais déjà fait dans un article précédent, voici une accumulation de morceaux de quotidiens, passés ou bien à venir :

-J'ai rencontré 4 personnes que je connaissais dans une manifestation. Buenos Aires semble me compter parmi ses citadins et j'avais l'impression qu'elle me le témoignait en me désignant que la foule ne m'est plus complètement anonyme (vos noterez que j'ai tendance à personnifier la capitale argentine).
-Je vais désormais deux fois au badminton par semaine, et c'est drôlement agréable de se sentir progresser, de pouvoir jouer avec le volant, de maîtriser certaines finesses du jeu. Des compétitions sont à venir...
-J'ai pris mes marques à la Biblioteca Nacional del Congreso où j'étudie généralement le mardi, accompagnée de mon amie Cora.
-J'ai enfin des places pour aller voir La flûte enchantée au teatro Colon.
-Buenos Aires a été nommée Capitale Mondiale du livre et Marta Minujin, célèbre artiste argentine, vient d'achever la construction d'une Tour de Babel constituée de livres, au beau milieu de la Plaza San Martin. Il semblerait que la vue depuis la sommet soit spectaculaire. La tour sera par la suite démantelée et les livres offerts à des bibliothèques populaires. Marta Minujin avait déjà produit un parthénon constitués de livres en 1983 en symbole de la fin de la dictature.
-J'ai choisi une classe de "Lecture de textes économiques". Après Aristote Smith, Ricardo, Jevons, Mill, et Marshall, la semaine prochaine nous étudierons Marx (Le Capitale et Le Manifeste du parti communiste). Etudier Marx à la UCA.... je crois que cela méritera un article à part entière, non ?
-Avec Mariana, nous avons pour projet de se mettre au stop-motion, si le résultat n'est pas trop mauvais je le publierai certainement par ici.
-je m'entends de mieux en mieux avec Valentin (prononcé "Balèntine"), le bébé de l'épicier chinois qui nous dépanne parfois le soir.
-Le programme "Peli-Helado", c'est à dire "Film-Glace" est en passe de devenir une habitude hebdomadaire avec Agnès, une française future grande historienne et rugbywoman à mi-temps.
-J'ai passé une soirée très familiale pour le week-end de pâque, autour d'un repas cuisiné par Mariana et sa mère, le tout arrosé de grands crus argentins.
-J'ai festoyé avec des colombiens plutôt drogués mais étonnants et drôlissimes.

Arrivée en août, je ne comptais pas les jours, mais je n'ai pas vu passer cette année. Comme me l'a souligné Suzanne "Y'a des années plus longues que d'autres dans nos vies". Très juste.














vendredi 8 avril 2011

Stencil . Bs As

En octobre dernier, Adrien (alias Didou) me transmettait cette vidéo, un reportage d'une petite demi-heure sur l'art Stencil à Buenos Aires réalisé par Amélie Lambert.


Les images sont belles, on aperçoit Buenos Aires telle que je la connais, inégalitaire et trop souvent injuste et pourtant resplendissante et alègre. Le stencil est omniprésent dans certains quartiers notamment dans San Telmo et Palermo et s'il comporte souvent un message politique, il n'en reste pas moins un art. "El estencil porteño" (oui "estencil" car les hispanophones ne sont pas habitués à prononcer deux consonnes consécutives) évolue selon le contexte social, économique et politique qu'il traverse. Le stencil des années 90 du retour à la démocratie et différent de celui qui a traversé la crise économique de 2001 et se distingue du stencil actuel qui conçoit le kirchnérisme et la prochaine élection présidentielle d'octobre 2011 à sa façon. Le documentaire est accompagné debon son, d'images d'archives, le tout très pédagogique.

Je me suis donc mise en quête de stencils à photographier. La qualité n'est pas toujours irréprochable, je me trouvais souvent nez à nez avec des stencils au beau milieu de la nuit alors que je ne disposais que de mon petit appareil.


Estencil feminista


Estencil francés

Moutons à visages humains se dirigeant tout droit vers un précipice



Nestor Kirchner, scaphandrier



"Tu n'as pas besoin d'aller aux putes, mais d'apprendre à baiser"

Rat géant, plaza del Congreso

"Ta poubelle est un trésor pour moi"



Salvador Allende, et ses lunettes brisées

"Ne pense pas, répète ce que je te dis"



"Procès et châtiment", "prison commune", "au service de l'impunité"


"Mariano représente nos luttes"


"Dans le rue, presse anarchiste"


Burzaco stencil, bar de Palermo dont les murs sont couverts de stencils !



Musique du documentaire, Keny Arkana, Victoria.

D'autres stencils du collectif Vomito Attack, par là.

samedi 21 août 2010

Ecriture kilomètre
















































































Grand déballage d'informations, sans tri préalable :

-C'est fou comme je me sens bien ici
-je viens de passer 2h dans le hamac du patio de la maison à bouquiner.
-Ici, pour faire de la soupe on peut acheter des légumes pré-découpés pour n'avoir plus qu'a les jeter dans l'eau.
-En ce moment c'est le festival international de Tango, inscrit au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO. L'ensemble des activités proposées sont gratuites... et c'est plutôt vraiment classe !
-Demain je vais peut-être à Tigre (province de Buenos Aires) pour faire (unpemépatro) ma touriste.
-Ma consommation de vin a doublé depuis que je suis ici, allez trouver une logique à cela !
-J'ai testé pour vous le dessert banane/dulce de leche et c'est divinement écœurant et addictif.
-Je suis allée dans un boliche appelé le Uni club, avec 4 étages pour 4 ambiances différentes, et j'ai choisi celle du troisième où un DJ mixait du shantel/Khaled/Zebda/Gnawa,.
-J'ai visité la casa Rosada, et j'ai été un peu déçue.
-Je me suis faite déféquer dessus par deux fois par des pigeons porteños, depuis je les maudis !
-Plus je passe du temps avec mes co-locs plus je les aime.
-Je n'ai pas du tout volé deux magnifiques verres à pied ! Je proteste ! Ce ne sont que des calomnies !
-J'ai affiché Brel, Ferre et Brassens au dessus de mon lit, parce que quand même je suis très française.
-J'adore pédaler dans Buenos Aires.
-Mon cours d'espagnol n'est qu'une escroquerie (pour le moment en tout cas...)
-Une fille de mon cours sur les Organismes internationaux a étudié un semestre à science-po grenoble et nous avons partagé nos points de vue sur Grenoble.
-En ce moment (enfin plus précisément depuis deux jours) il fait vraiment très doux, les gens se promènent en tee-shirt. Mais je sens que l'hiver argentin va revenir refroidir tous ces impatients.
-Mes 4 jours d'angine n'ont pas réussi à décourager mon envie de pédaler.
-La chambre de mon amis Agnès doit faire à peu près 60 mètres carrés.
-Je suis parvenue à convaincre mon professeur d'économie du secteur public à nous parler des biens publics mondiaux.
-Mon professeur de procesos sociales y politicos est assez bluffant.
-Mon envie de faire un master de recherche ne cesse de s'accroitre.
-Alors que je sortais je suis passée devant un homme accroupis épouillant un portefeuille volé.
-J'aime voir le soleil se lever sur Puerto Madero, même si cela me distrait un tantinet de mon cours.
-Mon emploi du temps est idéal puisque je n'ai cours ni lundi ni mardi, j'ai par contre 10h de cours le jeudi, dès 7h45 et qui s'achève à 23h.

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